« À l’aube, dans l’atelier encore endormi, les ombres des pinceaux s’étiraient sur la toile vierge. Elles semblaient déjà esquisser des formes, comme si la peinture existait avant même d’être posée. Dans ce dialogue silencieux entre l’ombre et la lumière, je comprenais que les couleurs naissaient de ce qui nous échappe, de ce qui murmure à la frontière du réel. »
«J’ai toujours écouté ce que l’on ne voit pas. Le vent dans les feuillages, le murmure d’une pluie lointaine, l’écho d’un pas sur le sol mouillé. Tout ce qui vibre dans le silence a une voix. Les ombres aussi chantent, non pas d’une mélodie que l’on entend, mais d’un frémissement qui nous traverse, d’une présence qui s’attarde sur la peau. C’est là, dans cette frontière entre lumière et nuit, que je trouve mon refuge.»
Catherine Delmas Lett (Extrait « Là où chantent les ombres »)



